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29.12.2010

Fatou... artiste humaniste

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En novembre dernier, Jean-Michel Fatou, artiste peintre Teyrannais, exposait dans le cadre de la 7e édition d’Elan d’Art, le salon d’art contemporain de Montpellier. Artiste reconnu, il lui arrive régulièrement de mettre en avant son travail, mais son parcours intérieur est méconnu, malgré sa passion pour exprimer ce qui le guide.

Portrait :

Comme décor à l’origine, Aix-en-Provence et sa région, avec pour Jean-Michel, quatre sœurs et un papa ingénieur et photographe amateur avec lequel il a découvert les bases de la photo, mais également un grand-père paternel qui a beaucoup compté. « C’était un magistrat, mais aussi un artiste à la fois musicien, et aquarelliste, et surtout un grand humaniste avec qui j’ai partagé de nombreuses heures, l’accompagnant dans la nature et réalisant mes première aquarelles ».

Durant son adolescence, Fatou développa sa sensibilité artistique. « Sous l’influence de Cartier Bresson, j’ai réalisé beaucoup de clichés dans la rue, avec un 135 mm que mon père m’avait prêté. J’avais envie d’observer la vie et particulièrement ses gens qui interrogent quand on les croise, j’aimais saisir des instantanés du quotidien. Peu à peu je suis passé à un matériel différent, des 28 et 50 mm pour pouvoir mieux saisir les figures de ses personnages atypiques ».

En parallèle, il s’intéresse aussi à la guitare qu’il pratique un certain temps, puis dessine des carrosseries de voiture, souhaitant travailler comme designer. Après avoir obtenu un DUT de génie mécanique, Fatou intègre en 1976 un bureau d’étude et s’occupe de la conception de machines agricoles (comme designer et concepteur technique). Vingt ans plus tard en 1996, au sein de la même entreprise, il s’occupe de communication visuelle. C’est aussi, la quarantaine arrivée, l’heure des réflexions et le moment de faire vivre plus intensément sa part de créativité personnelle. « C’est le moment choisi pour réaliser des aquarelles et essayer de mieux équilibrer vie professionnelle et vie familiale. »  

Hormis l’apprentissage apporté par son grand-père et quelques stages, Fatou est un autodidacte. « J’ai surtout une grosse culture visuelle via les livres et les expositions. Mes influences sont notamment Picasso et Giacometti ». Suite à une rencontre avec une peintre sétoise qui l’a poussé à passer à l’acrylique, « je suis passé à une peinture plus introspective qui m’a aidé à sortir mes colères, mes blessures et mes tensions ». L’un des moments marquants, est en 2005, la réalisation étalée sur une année d’un tryptique de 6m² nommé Basta, résumant trois grandes étapes de sa vie, l’enfance pure, l’adulte jeune et le moment de la maturité, mêlant acrylique, huile, sable et verre.

Puis vint l’envie de « travailler sur l’humain, de découvrir le dessin au crayon du corps via des modèles vivants ». Le volet suivant, l’encre de chine « qui permet de s’exprimer rapidement, un peu comme en photo, de capter l’essentiel ». Un travail de plus en plus apuré « plus que la nudité mise en avant, c’est le ressenti intérieur que j’exprime. Lorsque je crée, je bloque le mental et me retrouve dans une sorte d’état de transe ».

Depuis 2008, il réalise également des modelages en argile, toujours avec le désir de s’approcher de l’humain, cette fois en 3D.

« Je suis souvent vu, côté professionnel, comme un provocateur, alors que mon profond désir, depuis longtemps, est de rentrer de l’humain dans la recherche, d’exprimer mon ressenti face aux injustices et aussi d’intégrer de la créativité dans la réalisation des prototypes ».

Marié à Colette et papa de deux enfants d’une vingtaine d’années (Charlotte et Morgan) Fatou est avant tout un artiste humaniste et passionné, dont le questionnement intérieur permanent se retrouve aussi bien dans ses réalisations professionnelles et personnelles.

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